Vidéosurveillance des salariés : ce que l'employeur peut filmer et doit afficher

Finalité, zones interdites, panneaux, consultation du CSE, durée de conservation et registre : les règles de la CNIL en clair.

En bref : un employeur peut installer des caméras pour sécuriser les biens et les personnes, jamais pour surveiller ses salariés en permanence. Il doit consulter le CSE avant l'installation, afficher des panneaux visibles, inscrire le dispositif au registre des traitements et limiter la conservation des images (en principe un mois au plus). Source : CNIL, vidéosurveillance au travail, consultée le 04/11/2026.

1 moisdurée de conservation à ne pas dépasser en principe
CSEinformé et consulté avant l'installation
Panneauxvisibles et permanents, avec pictogramme

Où filmer, où ne pas filmer

Les zones autorisées et les zones exclues

Source : CNIL, vidéosurveillance au travail, consultée le 04/11/2026.
ZonePosition de la CNIL
Entrées et sorties, issues de secours, voies de circulationPossible, pour la sécurité des biens et des personnes.
Zones de stockage de biens de valeurPossible.
Poste de travail d'un salariéÀ éviter. Cas particulier du caissier : la caméra se concentre sur la caisse, pas sur la personne.
Salle de pause, toilettes, local syndicalExclus.
Enregistrement du sonRéservé à des situations particulières, déclenché par le salarié lorsqu'un événement le justifie, par exemple une agression.
Visionnage à distance (téléphone, tablette)Accès sécurisé (mot de passe fort, HTTPS) et jamais pour critiquer la qualité du travail.

Avant et après l'installation

Les cinq obligations de l'employeur

  1. Définir une finalité légitime (sécurité, dissuasion des vols, identification des responsables d'un incident) et la consigner. Une surveillance permanente et constante des salariés n'en est pas une.
  2. Informer et consulter le CSE avant la décision d'installer. Voir le CSE dès 11 salariés.
  3. Afficher des panneaux visibles et permanents, avec pictogramme de caméra, finalité, durée de conservation, contact protection des données, droits des personnes et droit de saisir la CNIL.
  4. Inscrire le dispositif au registre des traitements pour un lieu non ouvert au public ; demander l'autorisation de la préfecture et évaluer le besoin d'une analyse d'impact pour un lieu ouvert au public.
  5. Limiter l'accès et la conservation : seules des personnes habilitées et formées voient les images, conservées quelques jours le plus souvent et un mois au plus en principe.

Un cas sanctionné : la CNIL a sanctionné un employeur qui filmait en continu le poste d'un salarié et laissait le responsable regarder en direct à distance, un dispositif jugé manifestement excessif (CNIL, vidéosurveillance au travail, consultée le 04/11/2026). La page de la CNIL date de juillet 2018 : revérifiez-la avant d'agir.

Pour un restaurant, voir le cas particulier des caméras en salle et en cuisine.

Pour ne pas se tromper

Se faire aider pour mettre le dispositif en règle

La Bulle d'Équilibre propose un accompagnement sur la vidéosurveillance des salariés à partir de 150 € (forfait) : contrôle de la finalité et du placement des caméras, texte du panneau, information du CSE, durée de conservation. Voir aussi le registre RGPD et le Pack Conformité.

Questions fréquentes

Un employeur a-t-il le droit de filmer ses salariés ?
Il peut installer des caméras pour un but légitime : sécuriser les biens et les personnes, dissuader les vols, identifier les responsables d'un incident. Il ne peut pas s'en servir pour une surveillance permanente et constante des salariés, ni pour critiquer la qualité de leur travail (CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail » (page de juillet 2018), consultée le 04/11/2026).
Où peut-on placer des caméras dans l'entreprise ?
Sur les entrées et sorties des bâtiments, les issues de secours, les voies de circulation et les zones de stockage de biens de valeur. Les salariés ne doivent pas être filmés à leur poste de travail, sauf cas particulier comme un caissier, avec une caméra orientée sur la caisse. Les salles de pause, les toilettes et les locaux syndicaux sont exclus (CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail » (page de juillet 2018), consultée le 04/11/2026).
Comment informer les salariés et les visiteurs ?
Par des panneaux visibles et permanents portant le pictogramme de la caméra, la finalité du dispositif, la durée de conservation, le contact pour la protection des données, les droits des personnes et le droit de saisir la CNIL. D'autres mentions, comme la base légale et les destinataires, peuvent figurer ailleurs, par exemple sur un site internet (CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail » (page de juillet 2018), consultée le 04/11/2026).
Faut-il consulter le CSE avant d'installer des caméras ?
Oui : les représentants du personnel doivent être informés et consultés avant l'installation (CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail » (page de juillet 2018), consultée le 04/11/2026).
Combien de temps conserver les images ?
L'employeur fixe la durée selon la finalité. La CNIL indique qu'elle ne devrait en principe pas dépasser un mois et que quelques jours suffisent le plus souvent. La capacité de stockage n'est pas une justification (CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail » (page de juillet 2018), consultée le 04/11/2026).
Faut-il déclarer les caméras à la CNIL ?
Pour les lieux non ouverts au public, aucune formalité auprès de la CNIL n'est exigée, mais le dispositif doit figurer dans le registre des traitements. Pour un lieu ouvert au public, une autorisation préalable de la préfecture est requise et une analyse d'impact peut l'être aussi (CNIL, « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail » (page de juillet 2018), consultée le 04/11/2026).

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Source officielle : CNIL, vidéosurveillance au travail, consultée le 04/11/2026. Page mise à jour le 4 novembre 2026.