Loi seniors 2025 : ce qui concerne vraiment les TPE et PME

La loi du 24 octobre 2025 sur l'emploi des salariés expérimentés a fait beaucoup de bruit côté grandes entreprises. Mais qu'est-ce qui touche réellement une petite structure ? Une chose surtout : le volet fin de carrière de l'entretien de parcours professionnel, qui s'applique dès le premier salarié. Le reste vise les grandes entreprises. Et non, il n'y a pas d'« index seniors ».

En bref : la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 transpose l'accord national interprofessionnel du 14 novembre 2024. Pour une TPE ou PME, l'essentiel tient en un point : un volet « fin de carrière » s'ajoute à l'entretien de parcours professionnel, abordé lors du premier entretien situé dans les deux ans avant le 60e anniversaire du salarié, et cela vaut dès le premier salarié. L'obligation de négocier sur l'emploi des seniors, elle, ne concerne que les entreprises d'au moins 300 salariés. Et contrairement à une rumeur tenace, aucun « index seniors » n'a été créé.

58-60 ansle volet fin de carrière dans l'entretien de parcours pro
Dès 1 salariéce volet s'applique à toutes les entreprises
300 salariésle seuil de la négociation obligatoire (grandes entreprises)

Le texte

Une loi sur les « salariés expérimentés »

La loi du 24 octobre 2025 (publiée au Journal officiel le 25 octobre) transpose l'accord national interprofessionnel du 14 novembre 2024. Détail de vocabulaire révélateur : le législateur abandonne le mot « senior » au profit de « salarié expérimenté ».

La difficulté, quand on dirige une petite entreprise, c'est de faire le tri : la majorité des articles de presse détaillent des obligations réservées aux grandes structures. Voici donc la séparation nette entre ce qui vous concerne et ce qui ne vous concerne pas.

Sans seuil d'effectif

Ce qui vous concerne, dès le premier salarié

Le volet fin de carrière de l'entretien de parcours professionnel. Ce n'est pas un entretien séparé à un âge fixe, mais un contenu obligatoire ajouté à l'entretien de parcours professionnel. Il est abordé lors du premier entretien qui intervient dans les deux années précédant le 60e anniversaire du salarié (donc en pratique vers 58 à 60 ans). On y traite :

  • les conditions de maintien dans l'emploi ;
  • les aménagements de fin de carrière (temps partiel, retraite progressive) ;
  • la transmission des savoirs.

Ce volet s'inscrit dans l'entretien de parcours professionnel, dont la périodicité est passée à 4 ans. Si vous avez des salariés qui approchent de la soixantaine, c'est le point à intégrer. Le détail du nouveau rythme est expliqué dans notre guide dédié : l'entretien de parcours professionnel.

La retraite progressive, aussi, se durcit côté refus. Attention à ne pas mélanger deux textes : c'est le décret du 15 juillet 2025 qui a ouvert la retraite progressive dès 60 ans et posé la règle « silence de l'employeur pendant deux mois = acceptation ». La loi du 24 octobre 2025, elle, renforce l'obligation de motiver un refus : vous devez justifier concrètement en quoi la réduction du temps de travail est incompatible avec la continuité de l'activité. Un refus vague devient risqué.

Sources : Code du travail, art. L.6315-1 (loi du 24 octobre 2025) ; Légifrance. Retraite progressive : décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025.

Une possibilité, pas une obligation

Le « CDI senior », un outil d'embauche à connaître

La loi crée, à titre expérimental, le contrat de valorisation de l'expérience, souvent appelé « CDI senior ». Il vise l'embauche d'un demandeur d'emploi d'au moins 60 ans (âge pouvant être abaissé à 57 ans par accord de branche étendu). Sa particularité : il permet à l'employeur de mettre le salarié à la retraite dès qu'il peut liquider une pension à taux plein, avec une exonération partielle de contribution patronale sur l'indemnité.

C'est une faculté, pas une contrainte : un moyen d'embaucher un profil expérimenté sans craindre de ne jamais pouvoir organiser son départ. Réserve importante : dispositif expérimental sur cinq ans dont l'application dépend d'un décret ; à vérifier avant de l'utiliser.

L'idée reçue à corriger

Non, il n'y a pas d'« index seniors »

C'est l'erreur la plus répandue sur cette loi, y compris dans des articles sérieux. Beaucoup annoncent un « index seniors » obligatoire, avec publication d'indicateurs et une sanction de 1 % de la masse salariale.

Ce qui est vrai : un index seniors avait bien été prévu dans la réforme des retraites de 2023, mais il a été censuré par le Conseil constitutionnel. La loi du 24 octobre 2025 ne l'a pas repris. Il n'existe donc, à ce jour, aucun index seniors obligatoire ni sanction de 1 %.

Pour les grandes entreprises, le vrai dispositif contraignant n'est pas un index, mais une obligation de négocier sur l'emploi des salariés expérimentés, réservée aux entreprises et groupes d'au moins 300 salariés (et aux branches). À défaut d'accord, un plan d'action unilatéral est établi après consultation du CSE. Les TPE et PME ne sont pas visées par cette négociation.

En un coup d'œil

Ce qui s'applique à vous, ce qui ne s'applique pas

Synthèse pour les TPE et PME. Réf. : loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025.
MesureQui est concerné
Volet fin de carrière de l'entretien de parcours pro (58-60 ans)Toutes les entreprises, dès 1 salarié
Retraite progressive, motivation renforcée du refusToutes les entreprises
CDI senior (contrat de valorisation de l'expérience)Toutes les entreprises (faculté, sous réserve du décret)
Négociation obligatoire « salariés expérimentés »Entreprises et groupes de 300 salariés et plus
Index seniorsN'existe pas dans cette loi

Questions fréquentes

La loi seniors du 24 octobre 2025 concerne-t-elle les TPE et PME ?
En partie, oui. Le volet fin de carrière ajouté à l'entretien de parcours professionnel s'applique à toutes les entreprises, dès le premier salarié. En revanche, l'obligation de négocier sur l'emploi des salariés expérimentés ne vise que les entreprises et groupes d'au moins 300 salariés : les TPE et PME ne sont pas directement concernées par cette négociation.
À quel âge a lieu l'entretien de fin de carrière ?
Ce n'est pas un entretien séparé à un âge fixe : c'est un contenu obligatoire ajouté à l'entretien de parcours professionnel. Il est abordé lors du premier entretien de parcours professionnel qui intervient au cours des deux années précédant le 60e anniversaire du salarié, soit en pratique vers 58 à 60 ans. On y traite le maintien dans l'emploi, les aménagements de fin de carrière et la transmission des savoirs. Cela vaut dans toutes les entreprises.
Existe-t-il un index seniors obligatoire ?
Non. Contrairement à une idée répandue, la loi du 24 octobre 2025 ne crée aucun index seniors ni obligation de publier des indicateurs. Un tel index avait figuré dans la réforme des retraites de 2023, mais avait été censuré par le Conseil constitutionnel, et il n'a pas été repris dans la loi de 2025. Pour les grandes entreprises, le dispositif contraignant est une obligation de négocier, pas un index.
Qu'est-ce que le CDI senior ?
C'est le contrat de valorisation de l'expérience, un CDI expérimental destiné à embaucher un demandeur d'emploi d'au moins 60 ans (âge pouvant être abaissé à 57 ans par accord de branche étendu). Il permet à l'employeur de mettre le salarié à la retraite dès qu'il peut liquider une pension à taux plein, avec une exonération partielle de la contribution patronale. Dispositif expérimental sur cinq ans, dont l'application dépend d'un décret.
Puis-je refuser une demande de retraite progressive ?
C'est devenu plus encadré. Depuis le décret du 15 juillet 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans, et le silence de l'employeur pendant deux mois vaut acceptation. La loi du 24 octobre 2025 renforce ensuite l'obligation de motiver un refus : l'employeur doit justifier concrètement l'incompatibilité de la réduction du temps de travail avec la continuité de l'activité. Un refus non motivé est fragile.

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Sources officielles : Loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 (Légifrance) · Code du travail, art. L.6315-1 (entretien de parcours professionnel) et L.2242-1 et s. (négociation) · décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025 (retraite progressive). Page mise à jour le 18 juillet 2026 ; certaines mesures (CDI senior notamment) dépendent d'un décret d'application à vérifier avant mise en œuvre.

Maureen Vial, fondatrice de La Bulle d'Équilibre

Rédigé par Maureen Vial

Fondatrice de La Bulle d'Équilibre, cabinet d'accompagnement des TPE et PME du Rhône. 15 ans d'expérience en développement commercial B2B et en conformité (DUERP, obligations employeur, facturation électronique). En savoir plus sur mon parcours.